Je n’ai jamais été un fan des race reports, ces récis de course où un coureur ou une équipe nous raconte leur péripéties de course, mais aujourd’hui, je fais exception à ma règle et je vous raconte mon expérience à la Race Across Québec, ma quatrième expérience d’ultra-distance (après le 96H de Rad Race et Graaalps)et ma deuxième participation à cet événement.

Race Across Series - Race Across Quebec

Qu’est-ce que la Race Across Québec?

Franchise de la réputée Race Across Series, la Race Across Québec, c’est une course d’ultra-distance dans sa forme la plus pure. Pas d’assistance, pas de sillonnage (draft), pas de voiture-balai. On part seul, on doit tout gérer seul, et on arrive… seul.

Les épreuves de la Race Across Series reposent sur une règle fondamentale simple : autonomie totale sauf dans les bases de vie (checkpoint).

Tout doit être anticipé par le coureur lui-même : où s’arrêter pour manger, où remplir ses bidons, comment gérer la fatigue, prévoir les problèmes mécaniques. C’est un mélange de sport, de stratégie, de logistique et de mental.

Trois distances sont présentement offertes : 300, 500 et 1000 km.

C’est plus qu’une simple course, c’est une expérience.

Tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer le défi de la Race Across Québec.

Rouler à vélo la nuit

Ça peut paraitre intimidant, mais rouler de nuit, c’est une toute autre expérience du cyclisme. C’était ma 2e expérience de nuit et c’est moins intimidant que ça peut paraître. Nos yeux s’habituent et avec la bonne lumière, dans mon cas une 1000 lumens, mais au réglage 400 lumens, afin de durer plus longtemps, on voit très bien 100 à 200 mètres à l’avant.

Mais ce qui me plaît le plus la nuit, les routes sont désertes, c’est très silencieux, la température est fraîche. On pourrait croire que ce n’est pas sécuritaire et plus épuisant, mais, au contraire, on avale les kilomètres de façon très paisible. C’est presque méditatif. Sans s’en rendre compte, le temps passe et le soleil de lève.

Race Across Québec : un tracé pensé pour les amoureux du vélo (300 km)

Au lever du jour, le parcours de la Race Across Québec dévoile toutes ses qualités. J’y retrouve mes routes d’entraînement à partir de St-Côme. Je passe beaucoup de temps, chaque année dans Lanaudière et les Laurentides.

Toutes mes routes d’entraînement préférées sont reliées : la route 343 et ses courbes roulantes, le chemin St-Guillaume longeant le Lac Ouareau, le fameux Nordet, exigeant en dénivelé mais somptueux, le P’tit Train du Nord, piste cyclable au cœur de la forêt, le chemin des Hauteurs et ses vallons, le Mont Avila, petit sommet qui pique les jambes, le Linéaire des Basses Laurentides, traversant les champs de St-Jérôme à Sainte-Thérèse, et la Trans Terrebonne, piste cyclable sinueuse en poussière de roches, en conclusion, comme un retour au bercail.

Un condensé des plus beaux terrains de jeu cyclistes du Québec, back à back sur 325 km. L’itinéraire se mérite une note de A+.

Course ultra endurance Race Across Quebec

Un défi dur mais accessible

La Race Across Québec offre un défi de taille. Mes chiffres sur Strava parlent d’eux-mêmes : 326 km, 3 400 m de dénivelé, 8 000 calories brûlées (dans mon cas), 12h15 de déplacement à une vitesse moyenne de 27 km/h.

Pourtant, le parcours reste très accessible, si on le prend à son rythme. Il est planifié pour être difficile mais faisable en une journée, d’ailleurs, les derniers à rallier le fil d’arrivée l’on fait en 24h31.

Une organisation de haute qualité

La RAQ est une franchise de la Race Across Series, une organisation qui organises 7 événements à travers l’Europe. L’organisateur a une forte expérience et un concept unique.

Ceci dit, rien ne serait parfait sans l’équipe locale derrière la Race Across Québec : David et Jesse. Leur dévouement est visible dans chaque détail. Ils ont eux-mêmes roulé, testé et ajusté les parcours de 1000, 500 et 300 km. Ce qui explique la très grande qualité du tracé.

J’ai même été témoin d’une des reconnaissance, alors que Jesse, partait de la soirée de lancement du club cycliste Messorem un jeudi glacial de mai, immédiatement après la group ride, pour reconnaître une section du tracé. Ce genre de passion porte fruits pour un organisateur.

La planification, la stratégie, clé de l’ultra

Ce qui me plaît le plus de l’ultra, c’est que contrairement à une cyclosportive ou une sortie longue classique, ici la stratégie est reine. Il faut analyser le circuit et penser à tout : nutrition (se ravitailler et manger régulièrement), hydratation (savoir où trouver de l’eau), gestion des arrêts (ne pas perdre trop de temps inutilement), la gestion du rythme : rouler assez fort pour avancer, mais assez doux pour durer et surtout l’équipement : ce que l’on porte, le choix des pneus, les accessoires, la monture, optimisation de l’aérodynamisme, etc. Chaque détail compte!

@surdeuxroues

Voici mon vélo pour la Race Across Québec : hydratation, barres de TT, sacs de bikepacking, lumières, gps, selle, etc.

♬ son original – surdeuxrouesblog

En conclusion

À l’arrivée, après plus de 12h15 heures d’effort, le compteur affiche 325,9 km. Fatigué, mais heureux et une idée en tête : essayer une autre franchise de la Race Across Series (en voyage) ou se mesurer au 500 km en 2026.

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