Au Québec, le vélo n’est plus seulement un loisir estival : il s’impose progressivement comme un véritable mode de vie, un outil de mobilité et un levier économique. C’est ce que révèle la plus récente édition de L’état du vélo au Québec 2025, une étude de référence réalisée par Vélo Québec, un organisme à but non lucratif qui œuvre depuis plus de 50 ans à promouvoir le cyclisme sous toutes ses formes.
Publié tous les cinq ans, ce rapport dresse un portrait détaillé de la pratique du vélo dans la province qui pédale, pourquoi, comment, et avec quels impacts.
Mon constat après avoir feuilleté l’étude : la communauté cycliste québécoise est loin d’être homogène. Elle regroupe des profils variés, allant des enfants aux aînés, des cyclistes occasionnels aux adeptes à l’année, en passant par une proportion croissante d’usagers utilitaires.
Portrait du cycliste au Québec
Le vélo touche aujourd’hui une part importante de la population québécoise. En 2025, 4,54 millions de QuébécoisES ont enfourché leur vélo, soit 79 % des enfants et 52 % des adultes .
De ce nombre, pendant la saison estivale, 2,74 millions de personnes pédale de façon hebdomadaire (chaque semaine), mais le phénomène ne s’arrête plus aux beaux jours de l’été, car 249 000 cyclistes roulent désormais toute l’année, y compris en hiver, une hausse de 33 % en cinq ans .
Côté montures, on compte davantage de vélos que de voitures dans la province, avec 6,48 millions bicycles en circulation. Parmi eux, 629 000 sont des vélos à assistance électrique (VAE) .
L’état des infrastructures cyclable au Québec : un réseau en forte expansion
Le développement des infrastructures cyclables joue un rôle déterminant dans cette progression. Le Québec dispose aujourd’hui d’un réseau de 11 550 km, soit cinq fois plus qu’il y a 30 ans. Parmi ces aménagements, 4 900 km sont des pistes protégées, séparées de la circulation automobile et donc plus sécuritaires .
Cette amélioration qualitative se reflète directement dans les habitudes de déplacement : 55 % des trajets à vélo se font désormais sur des infrastructures cyclables .
Ces investissements contribuent à démocratiser l’usage du vélo, notamment auprès des populations plus sensibles à la sécurité, comme les femmes, les enfants ou les personnes âgées.
Portrait des pratiques cyclistes au Québec : du loisir au transport
Le vélo occupe aujourd’hui plusieurs fonctions dans la vie des Québécois·es. Il est à la fois un loisir, un moyen de transport et un outil de découverte du territoire.
Sur le plan utilitaire, 59 % des adultes cyclistes utilisent leur vélo pour se déplacer, un niveau record . Cette évolution marque un tournant vers une mobilité plus active et durable.
Le vélo reste aussi une activité récréative majeure. 1,36 million de personnes pratiquent le vélo hors route, une pratique en hausse et de moins en moins marginale avec une progression de 24 % depuis 2020 , témoignant de l’engouement pour les activités de plein air.
Enfin, le vélo s’impose comme un vecteur de tourisme local. 34 % des cyclistes font des excursions à la journée, une forme de microtourisme en pleine croissance, tandis que 7,3 % pratiquent le cyclotourisme avec nuitées .
Retombées économiques du cyclisme au Québec : un secteur qui roule sur l’or
Au-delà de ses bénéfices individuels, le vélo représente un véritable moteur économique pour le Québec.
En 2025, 910 000 vélos ont été vendus, contribuant à un marché estimé à 586 millions de dollars en dépenses annuelles liées au vélo . Cette activité soutient également environ 2 400 emplois, notamment dans les secteurs du commerce, de la fabrication et des services .
Le tourisme à vélo génère à lui seul 803 millions de dollars en retombées économiques, réparties sur l’ensemble du territoire . Le cyclotourisme soutient 6500 emplois.
Une tendance de fond appelée à se poursuivre
Les données du rapport 2025 confirment une tendance lourde : le vélo s’impose progressivement comme un pilier du système de mobilité québécois. Portée par l’amélioration des infrastructures, l’essor du vélo électrique et une prise de conscience environnementale, la pratique continue de croître et de se diversifier.
Mais des défis subsistent, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité pour certains groupes. Le potentiel de développement reste important — et les prochaines années seront déterminantes pour transformer cet engouement en changement durable.





Laisser un commentaire