Le positionnement vélo est l’un des sujets les plus mal compris dans le monde du cyclisme amateur. Entre les mythes persistants, les tendances vues en ligne, ce que les pros font, et tous les spécialistes impliqués : fitter, conseillers en magasin, IA, physio, kiné, etc., il devient difficile de savoir quand un fit est vraiment nécessaire et ce qui fait un bon positionnement d’un positionnement mal adapté.

Après plusieurs années à rouler et quelques ajustements, parfois pour le meilleur ou pour le pire, j’ai voulu comprendre ce qui se cache derrière un positionnement efficace, durable et adapté à un cycliste « ordinaire ». Je me suis donc entretenu avec Guillaume, fondateur de Physiovélo sur le podcast, sommité internationale (physiothérapeute et formateur à travers la francophonie), afin de parler de :
- À qui s’adresse réellement un positionnement vélo,
- Quand refaire (ou non) un fit,
- Les étapes clés d’un bon positionnement, inspirées du raisonnement en physiothérapie,
- Les erreurs les plus courantes aux trois points d’appui : pied, selle et mains,
- Positionnement en boutique, avec un physio ou via une application : avantages et limites,
- Peut-on recréer son positionnement sur plusieurs vélos?
À qui s’adresse vraiment un positionnement vélo ?
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le positionnement ne s’adresse pas uniquement aux cyclistes professionnels ou aux athlètes élites.
Il concerne surtout :
- les cyclistes qui ressentent de l’inconfort ou des douleurs
- ceux qui augmentent leur volume annuel
- ceux qui veulent continuer à rouler longtemps, sans se blesser
Un bon positionnement est avant tout un outil de confort et de prévention, au même titre qu’un bon casque ou des chaussures adaptées.
Quand faut-il refaire un positionnement ?
Il n’existe pas de fréquence universelle.
On devrait revoir sa position lorsqu’il y a un changement :
- apparition d’une douleur,
- blessure récente,
- augmentation importante du volume,
- changement de discipline (route, gravel, triathlon),
- retour après une pause prolongée.
Le corps s’adapte… mais il se désadapte aussi. Un positionnement efficace doit évoluer avec ta réalité, pas avec le calendrier.
Les étapes d’un bon positionnement (approche guide pratique)
Un raisonnement inspiré de la physiothérapie (physio-led bikefit)
Un bon fit commence avant même de monter sur le vélo :
- questions sur les douleurs et sensations
- tests de mobilité et de stabilité
- analyse globale du corps
Ensuite vient le travail sur le vélo, dans un ordre précis.
La méthode PSG : Pied, Selle, Guidon
Cet ordre est fondamental.
Pied : cales, largeur, rotation
Selle : hauteur, recul, inclinaison
Guidon : potence, hauteur, largeur, cocottes
Dans la grande majorité des cas, la selle règle 80 à 90 % des problèmes.
Les erreurs les plus fréquentes d’un positionnement de vélo (aux trois points d’appui)
Les pieds et les cales
- cales systématiquement reculées au maximum
- ajustements basés sur des tendances plutôt que sur le corps
La selle
- trop haute
- trop reculée
- pente vers l’avant qui projette le poids sur les mains
Le cockpit
- position trop agressive
- hauteur copiée des pros
- inconfort compensé par des gants ou de la guidoline
Souvent, la douleur se manifeste ailleurs que là où se trouve la vraie cause.
Le meilleur endroit pour faire un bikefit : boutique, physio ou application?
Chaque option a sa place :
- Applications : accessibles, idéales pour débuter (70–80 % d’efficacité)
- Boutique : dépend fortement de la formation
- Physio : plus long et plus coûteux, mais aussi plus personnalisé
La technologie mesure, mais le raisonnement clinique interprète.
Peut-on recréer son positionnement d’un vélo sur ses autres vélos ?
Oui, en grande partie, si :
- les géométries sont similaires
- la longueur des manivelles est comparable
Mais il est impossible de copier parfaitement une position entre des vélos très différents (route vs triathlon, par exemple).
L’objectif est la cohérence biomécanique, pas la duplication parfaite.
En conclusion, un bon positionnement n’est ni une recette magique ni une tendance à suivre.
C’est une démarche évolutive, personnelle et profondément humaine.
Comprendre sa position, c’est rouler mieux et surtout plus longtemps, plus vite, plus confortable.





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